Marantz 4400 quadriphonique

I-.INTRODUCTION.

 

Après la restauration du légendaire monstre quadriphonique de chez SANSUI, à savoir le QRX-9001, Threshold Lovers s’est attaqué à la restauration d’un autre monstre sacré quadriphonique, à savoir le MARANTZ 4400, bien connu pour son oscilloscope intégré.

 

 

Vous remarquerez dès maintenant que l’oscilloscope est éteint, ou au mieux « totalement excentré »: ce n’est pas bon signe, surtout lorsque l’on sait que l’oscilloscope d’origine de marque HITACHI est absolument introuvable…

 

Un vendeur professionnel d’Avignon le proposait au prix raisonnable de 800€, mais ne soyons pas naïfs: à ce prix, ce genre d’appareil datant de 1975, soit 43 ans au moment de sa restauration (!…), nécessite:

  • dans le meilleur des cas, une restauration poussée,
  • et dans le pire des cas, une restauration accompagnée d’une sérieuse et complexe réparation pour le remettre dans un état de fonctionnement sécurisé et fiable…

 

En effet, un MARANTZ  4400 totalement restauré est souvent proposé de jours autour de 4.000€ !

 

Le vendeur affirmait que « l’appareil fonctionne normalement »: il ne m’a pas fallu 10 secondes pour m’apercevoir qu’il n’en était rien, et que beaucoup de choses étaient en panne et/ou devaient être profondément corrigées…

 

 

II-.LES PREMIERS CONSTATS.

 

En ouvrant le capot de l’appareil, le constat devint pire: beaucoup de choses présentaient un danger sérieux comme nous le verrons en parcourant cette restauration…

 

Avant de rentrer dans les différentes étapes de cette restauration, il me semble obligatoire de signaler à nos lecteurs quelques informations similaires à celles données pour la restauration du non moins légendaire SANSUI QRX-9001:

 

  • ces appareils datant de plusieurs décennies (plus de 40 ans pour ce Marantz comme pour le Sansui QRX-9001)  nécessitent obligatoirement une restauration approfondie pour être remis en parfait état de fonctionnement et sécurisés: cette restauration est longue et difficile, et n’est pas l’affaire d’un débutant ou d’un “amateur du dimanche”…
  • une telle restauration, si vous ne la faites pas vous-même, est hors de prix: le nombre d’heures de Main d’œuvre à y consacrer (pour faire parfaitement les choses) est très élevé. Et en supposant que vous la fassiez vous-même, le coût des composants à remplacer est lui-même déjà élevé…
  • Nous déconseillons le recours à des kits de restauration, comprenant soi-disant tous les composants nécessaires, car jamais vous ne trouverez un kit comprenant des composants d’aussi bonne qualité que ceux que vous verrez juste ci-dessous…
  • enfin le nombre de composants à remplacer est tel (plusieurs centaines sur le QRX-9001, environ 200 ici), qu’une expérience approfondie est indispensable.

 

Ces mises en garde étant faites, voyons donc ce que notre MARANTZ 4400, soit-disant en bon état, cache dans ses entrailles…

 

Première constatation: il est plein comme un œuf ! Certes, moins plein que le SANSUI QRX-9001, avec un peu moins de cartes et des cartes plus simples, mais c’est quand même très plein…

 

La 1ère anomalie qui saute aux yeux vient du câble secteur 230V rafistolé avec du simple scotch de bureau (!) comme le montre la photo ci-dessous:

 

 

Comment un professionnel peut-il vendre un appareil dans cet état ?…

 

Cela ne me rend pas du tout optimiste pour la suite, car quelque chose d’aussi peu sérieux à un endroit où le 230V arrive dans l’appareil, est potentiellement dangereux ! 

 

Je décide donc de corriger ce point de façon professionnelle, en installant un presse-étoupe afin de ne pas endommager le nouveau cordon secteur.

 

Par la même occasion, le cordon secteur est remplacé par un JENALABS Basic Cryo, avec le meilleur connecteur actuellement disponible: le IEGO Référence 8075 en Cuivre + Rhodium

 

Une fois cette modification réalisée, le résultat est autrement plus professionnel !

 

Voici l’arrivée du nouveau câble avec le presse-étoupe parfaitement sécurisant:

 

 

et une vue de l’excellentissime connecteur secteur IEGO:

 

 

Vous remarquerez en haut à droite de cette photo, un relai tout neuf: en effet, après plus de 40 ans d’existence, il est recommandé de changer les relais même s’ils sont encore fonctionnels: des relais neufs sont un gage de fiabilité.

 

Le MARANTZ 4400 est équipé de 2 relais de puissance, 48V 4 pôles, référencés LN01 et LN02 dans le Service Manual.

Par ailleurs, vu le temps que prend une telle restauration, autant en profiter pour changer les relais pendant que l’appareil est démonté !…

 

 

 

III-.LES DIFFERENTES ETAPES DE LA RESTAURATION.

 

III-1.Les condensateurs de puissance.

 

Puisque que nous travaillons du côté de l’alimentation, il est normal de s’attaquer au 1er gros défi de cette restauration: le changement des condensateurs de puissance.

 

Les 2 condensateurs de puissance d’origine sont des modèles sans marque, de 20.000µF 50V chacun, et dimensions: 100 x 51.5mm.

 

Leur remplacement n’est pas chose aisée à cause d’une plaque de métal qui les relie ensemble, et dont la dimension ne sera pas adaptée à de nouveaux condensateurs.

 

D’autre part, l’espace est compté, tant en hauteur où il ne faut pas dépasser 108 mm, qu’en diamètre où 52 mm est le maximum acceptable.

 

Les nouveaux condensateurs choisis sont les excellents KEMET 33.000 µF sous 63V, capables de délivrer chacun 18A ! Leur diamètre est de 51 mm ce qui convient, et leur hauteur de 105 mm ce qui passe encore  dans l’espace disponible du châssis.

 

Ainsi dopée, notre alimentation aura une réserve de puissance bien supérieure à l’alimentation originale: pour la plupart d’entre-vous, il est inutile de préciser que cela est très bénéfique à l’écoute…

 

Et pour le plaisir, voici nos nouveaux condensateurs vus de dessous, avec une nouvelle plaque de raccordement en cuivre, alors que l’ancienne était dans un métal quelconque bien loin des qualités du cuivre, ainsi que 2 résistances toutes neuves elles aussi:

 

 

 

 

 

III-2.Les cartes amplificatrices de puissance P-400.

 

Passons maintenant à quelque chose d’assez “fun”: les cartes amplification de puissance, référencées P-400 dans le Service Manual.

 

Les voici encore montées dans le châssis:

 

 

La carte P-400 d’amplification de puissance est en haut de la photo, et juste dessous se trouve une carte d’alimentation, honteusement bricolée, dont je rajouterai la photo rénovée ultérieurement.

 

Cette carte d’alimentation a définitivement montré qu’un technicien avait fait un travail indigne, uniquement destiné à ce que l’appareil s’allume pour pouvoir le revendre…

 

Inutile de vous dire que cette carte d’alimentation a été entièrement restaurée dans les règles de l’art avec des condensateurs sérieux: NICHICON PM et NICHICON PW: voir le tableau des composants changés à la fin de l’article.

 

Mais revenons sur nos cartes P-400 et procédons à leur démontage.

 

Voici à quoi ressemble notre MARANTZ 4400 une fois qu’une carte amplificatrice de puissance a été enlevée; nous avons alors une vue parfaite sur les transistors de puissance au nombre de 4 par canal:

 

 

Une fois extraite, voici une carte P-400 avec ses composants d’origine:

 

Les condensateurs axiaux de couleur grise d’origine ELNA, situés sur les côtés de la carte, ont bien besoin d’une remise à neuf après 43 ans de service !

 

D’ailleurs avec un tel âge, tous les condensateurs électrochimiques doivent être remplacés d’office: aucune hésitation à avoir.

 

Hélas les condensateurs axiaux sont devenus très rares de nos jours, introuvables dans cette valeur parmi des références de qualité.

 

Seule solution: utiliser des condensateurs radiaux à la place; on peut alors utiliser nos “chouchous”, c’est-à-dire des NICHICON MUSE KZ, et quelques ELNA SIlmic II (les petits situés dans les coins supérieurs).

 

 

 

Et voici donc une des cartes P-400 restaurée:

 

 

Pour ceux d’entre-vous qui sont très observateurs, 4 condensateurs au Tantale ont été oubliés: 2 en haut de la carte, et 2 en bas de la carte (plus faciles à identifier car de couleur orange).

Ils ont bien sûr été changés par des NICHICON FG et des ELNA SILMIC II avant que l’appareil soit remis en service. 

 

Voici la carte une fois ces 4 tantales remplacés, certains d’entre eux étant visibles en haut à gauche de la photo:

 

 

 

 

Notons que le Service Manual indique que ces 4 condensateurs sont des électrolytiques, alors que Marantz a installé des Tantales: par économie de bout de chandelle, ou simplement parce que c’est  ce qu’ils avaient en stock à ce moment là ? 

 

Nous ne le saurons jamais, mais sur des appareils dits “Haute Fidélité”, les marques n’étaient pas sensibles à l’impact de tels choix sur la qualité d’écoute.

Elles ne le sont plus du tout de nos jours…

 

Ceci a piqué ma curiosité, et j’ai donc mesuré chacun de ces tantales âgés de 43 ans, afin de connaître la dispersion de leurs caractéristiques:

 

Reference Channel Expected Value Measured value Measured impedance (ESR)
C701 Left 3.3 µF  2.99 µf 2.4 Ω 
C701 Right 3.3 µF  Dead Dead 
C708 Left 3.3 µF  4.05 µF  2.2 Ω 
C708 Right 3.3 µF  3.94 µF  2.4 Ω 
C735 Left 10 µF  10.98 µF  1.7 Ω  
C735 Right 10 µF  10.26 µF  1.9 Ω  
C736 Left 10 µF 11.30 µF   1.6 Ω  
C736 Right 10 µF  10.59 µF  1.4 Ω  

 

Evidemment, ce tableau confirme clairement qu’il faut systématiquement changer tous les condensateurs (électrolytiques et tantales) au-delà de 15-20 ans…

 

 

Je vous avais dit qu’un MARANTZ 4400 est plein comme un œuf, et bien c’est encore plus vrai pour le côté de dessous: un nombre impressionnant de cartes s’y trouvent.

 

Une inspection de ces cartes montre que le travail de restauration ne sera pas facile en raison de la façon dont ces cartes sont reliées entre-elles.

En effet, en 1975, MARANTZ utilisait encore la technique du WRAPPING, qui consiste à ce que le câble de connexion (toujours monobrin) soit enroulé avec plusieurs spires autour d’un picot de connexion.

 

Cette technique prenait évidemment davantage de temps qu’une soudure, mais à l’époque elle était très répandue, et la recherche d’économies moins obsessionnelle qu’aujourd’hui.

 

Pour ceux qui l’ignorent, rappelons que cette technique du wrapping, bien que paraissant un peu « archaïque »,  assure des liaisons très fiables dans le temps.

 

Mais pour ce qui est de la maintenance, elle présente un inconvénient: pour libérer les fils de liaison, on est obligé de défaire l’enroulement du câble autour de son picot, et comme mes câbles sont toujours très courts, une fois les opérations de restauration effectuées,  il faut souder un câble de rallonge pour rétablir les liaisons…

 

Sur un appareil aussi complexe que le 4400, il est fortement recommandé de repérer à l’aide d’une étiquette sur quel picot un câble était wrappé (avant de le déwrapper !!), faute quoi on est certain de ne pas reconnecter correctement les cartes entre-elles.

 

 

III-3.La carte « 400Hz Oscillator and Meter driver »

 

Voici une photo de la carte « 400Hz Oscillator and Meter driver » une fois entièrement restaurée:

 

Vous remarquerez:

  • un exemple de fils wrappés en haut de la carte
  • les 4 condensateurs neufs ELNA Silmic II
  • les 2 condensateurs NICHICON FG au centre (reconnaissables à leur couleur dorée)
  • les petites étiquettes scotchées sur les câbles servant à repérer sur quel picot le câble était wrappé

 

 

 

III-4.La carte « BTL Circuit Board » PM-01

 

Continuons notre restauration par la carte « BTL Circuit Board PM-01 », elle aussi situé dans le dessous de l’appareil.

 

Elle fait partie des rares cartes que l’on peut restaurer sans devoir supprimer le wrapping d’origine.

La voici une fois restaurée:

 

Vous remarquerez les nouveaux condensateurs NICHICON MUSE KZ et NICHICON FG.

 

Vous remarquerez également que les câbles de connexion wrappés de cette carte sont intacts: cela est dû au fait qu’il a été possible d’y accéder sans la séparer des câbles (et donc sans détruire le wrapping originel des câbles)…

 

 

 

III-5.La carte « Buffer Preamp Board PE-01 ».

 

Continuons la restauration avec la carte préampli, nommée « Buffer Preamp Board PE-01 ».

 

Cette carte est accessible de façon limitée (mais suffisante) sans avoir à détacher les câbles de connexion wrappés, comme le montre la photo ci-dessous:

 

 

 

La voici avant restauration:

 

 

On comprend au 1er coup d’œil qu’il y a davantage de travail : les condensateurs sont plus nombreux, et quelques tantales (bleus) sont présents.

Ils seront bien sûr remplacés par des électrochimiques, bien plus musicaux à l’écoute.

 

Voici la carte une fois restaurée, avec des ELNA Silmic II en remplacement de tous les condensateurs y compris les tantales bleus:

 

 

 

 

La remise en état de notre monstre continue avec une petite carte baptisée « Filter Amp Circuit Board PH-01 ».

Voici notre carte une fois restaurée, sachant que les Tantales encore présents (visibles sur le haut de la carte) vont bien sûr être remplacés:

 

 

 

et voici donc la carte PH-01 définitivement achevée avec des NICHICON FG à la place des 4 tantales:

 

 

 

L’aventure continue avec la carte Tuner, baptisée « FM IF Amplifier P-200 ».

Cette carte FM se trouve dans un logement métallique fermé, à l’abri des interférences.

 

La voici une fois restaurée avec des condensateurs ELNA Silmic II:

 

 

Outre les condensateurs ELNA Silmic II, vous pouvez voir au centre de la photo, en haut, un des 8  Filtres céramiques à 10.7 MHz qui équipe notre appareil.

 

D’après FMTunerInfo, le site de référence sur les Tuners, les filtres céramiques d’origine vieillissent et sont moins performants que leurs homologues récents.

 

Les Filtres d’origine 10.7 MHz fabriqués par MURATA dont la bande passante à -3dB est de 280 kHz, ont donc été remplacés par des filtres MURATA modernes à faible distorsion et dont la bande passante à -3dB est de 250 kHz afin d’avoir une meilleure sélectivité du Tuner dans nos villes où les radios sont plus nombreuses qu’autrefois.

 

La photo ci-dessous vous permet de repérer les filtres céramiques facilement:

 

 

 

 

 

Continuons maintenant avec LE composant le plus problématique de ce Marantz 4400: l’ocsilloscope intégré ! 

La présence de cet oscilloscope sur cet appareil est sans aucun doute ce qui fait du MARANTZ 4400 un appareil très recherché car définitivement différent des autres.

 

Seulement c’est aussi une grosse source de problèmes:

 

  • le Tube d’origine, un HITACHI référence 50TB1 est devenu introuvable
  • La carte d’alimentation est une mine à problèmes et est bien connue pour « cramer » (souvent avant la mort du tube HITACHI lui-même)
  • Il n’existe pas d’équivalent au tube HITACHI d’origine…

 

et évidemment un Marantz 4400 sans son oscilloscope ne vaut plus grand chose aux yeux des amateurs….

 

J’ai eu beau écumer tous les forums consacrés à la restauration de notre Marantz 4400, je n’ai pas trouvé de moyen pour changer cet oscilloscope devenu introuvable !

 

Alors que faire ??? capituler ?

 

Chez Threshold Lovers nous avons donc cherché, et trouvé, une solution !

pas simple certes, et réclamant l’adaptation de la carte interne, mais avec l’aide d’un ami ingénieur électronicien qui est un « magicien », nous avons définitivement résolu ce problème.

 

La preuve en image:

 

 

Je sais déjà que beaucoup d’yeux vont se pencher sur cette image !

Vous remarquerez au moins 2 choses:

 

  • le nouvel oscilloscope a l’air tout neuf: et c’est normal puisqu’il est tout neuf !
  • le nouvel oscilloscope est plus long que l’ancien Hitachi d’origine, qui lui était particulièrement compact: fort heureusement, Marantz avait prévu la place nécessaire pour des tubes de dimension standard et donc moins compacts que l’Hitachi 50TB1 d’origine…

 

Nous pensons que notre ami ingénieur a réalisé ce que je n’osais pas espérer, et il faut chaleureusement le féliciter !

Vous comprendrez que nous resterons discret sur son travail, puisqu’il faut bien qu’il puisse gagner un peu sa vie !

 

 

L’oscilloscope constitue assurément LA partie la plus critique de cette restauration, celle sans laquelle l’appareil perd toute sa valeur. 

 

 

 

Une fois achevée, penchons-nous sur une autre carte baptisée « Phono Amp Board P-400 ». 

Elle est située sur le dessous de l’appareil, et voici sa photo avant restauration:

 

 

Vous y remarquerez 2 affreux condensateurs Mylar à droite (ceux de couleur orange) et 2 non moins affreux condensateurs au Tantale (en bleu).

 

Ces 2 catégories de condensateurs doivent être remplacés sans vous poser aucune question, car ils sont tout sauf musicaux….

 

Voici une photo de la carte une fois restaurée:

 

 

 

  • Les 2 Tantales encore présents sur cette photo ont depuis été remplacés par des Nichicon FG (que je n’avais pas reçus au moment de la photo). 
  • Les 2 condensateurs Mylar ont été remplacés par des Nichicon KZ
  • Le condensateur ELNA axial (en gris sur la photo originale) a également été remplacé par un Nichicon KZ radial, puisque ces valeurs ne se trouvent plus en condensateurs axiaux.

 

 

Passons maintenant à une carte de dimensions plus conséquentes puisqu’il s’agit des cartes amplificatrices, dénommées « Power Amp Board P-700 » dans le Service Manual.

 

Elles sont situées de chaque côté de l’appareil, à l’abri sous un grillage accolant aux radiateurs des transistors de puissance comme le montre la photo ci-dessous:

 

 

 

Pour y accéder il faut enlever des 4 vis supérieures ainsi que 2 vis situées à la base du grillage qui maintiennent ce dernier solidaire du châssis. Il devient ainsi possible d’enlever le grillage et d’extraire la carte de son logement moyennant quelques vis faciles d’accès.

 

Voici une des deux cartes venant d’être extraite du châssis:

 

 

 

Vous remarquerez sur cette photo:

  • la présence de 4 condensateurs ELNA axiaux (gris): un choix de qualité pour l’époque
  • la présence de 2 horribles condensateurs Mylar (orange) : un choix exactement inverse puisque ces condensateurs sont mauvais d’un point de vue musical
  • la présence de 2 tantales, non moins mauvais musicalement

 

Les condensateurs aussi âgés sont hautement suspects et doivent être remplacés sans se poser des questions, mais il est parfois tenant d’en mesurer un pour voir son état réel.

 

Cette opération a donné une nouvelle fois la preuve que l’âge fait des dégâts et pas que sur nous, comme le montre la photo ci-dessous:

 

 

En effet, une impédance de 7,8 ohms pour un condensateur, c’est un peu beaucoup…

 

Il a donc fallu restaurer cette carte (ou plutôt ces cartes puisqu’il y en a une par canal), le point le plus délicat (tout en étant facile à contourner) étant que les condensateurs axiaux ne sont plus fabriqués…

 

Il faut donc adapter des condensateurs radiaux à l’aide d’un petit prolongement d’une des pattes.

 

Voici une photo de la carte une fois restaurée (la carte de l’autre canal est bien sûr strictement identique):

 

 

Comme vous pouvez le voir:

 

  • les condensateurs axiaux ELNA ont été remplacés par des NICHICON KZ MUSE radiaux avec un soin particulier apporté à la réalisation
  • les autres condensateurs chimiques ont été remplacés par des NICHICON KZ et des ELNA Silmic II
  • les Tantales ont évidemment aussi été remplacés par des ELNA Silmic II

 

Ainsi restaurées, nos cartes sont parées pour de longue années de musique !

 

Nous approchons de la fin de cette longue et passionnante restauration avec la carte dénommée « Varimatrix Board P-500 » dont voici la photo dans son état d’origine:

 

 

Premiers constats: ce n’est pas très flatteur !

En effet:

 

  • la carte compte un nombre important de condensateurs Mylar (couleur orange)
  • des tantales se sont également invités, bien que le Service Manual  mentionne des électrolytiques à leur emplacement: Marantz aurait-il préféré économiser quelques centimes plutôt que d’assurer une bonne qualité audio ?…

La décision tombe comme une évidence: tous ces condensateurs indignes vont être remplacés par de vrais condensateurs audio…

D’autant plus que quelques-uns d’entre-eux ont été mesurés, ce qui ne laissa aucun doute sur leur état de santé !

 

 

Une impédance de 6,5 ohm pour notre tantale: la confirmation de l’âge de l’appareil….

 

Voici la carte une fois restaurée:

 

Voici une carte comme aurait Marantz dû la faire pour conserver sa réputation…:

  • Condensateurs NICHICON KZ et FG
  • Condensateurs ELNA Silmic II
  • et plus aucun tantale !évidemment…

 

Nous avons passé en revue l’essentiel des cartes de notre MARANTZ 4400, appareil mythique. Ainsi restaurée, cette électronique a désormais devant elle 20 ans de fonctionnement en toute sécurité !

 

Ne nous y trompons pas: une restauration aussi soignée, incluant de surcroît le remplacement de l’oscilloscope et l’adaptation de son électronique, est une restauration coûteuse si vous ne la faites pas vous-même, 

 

Et pour la faire soi-même, une solide expérience est requise, même si la restauration du SANSUI QRX-9001 (quadriphonique lui aussi) est selon moi encore plus délicate en raison du nombre de cartes bien plus élevé, ainsi que de la difficulté d’accès physique aux composants.

 

Mais une fois restaurés, quel plaisir de voir renaître ces monstres comme on n’en fera plus !

Redonner une longue vie à des appareils aussi mythiques est une sorte de « Bonne Action », la transmission d’un héritage à nos enfants…

 

Je m’en vais savourer le plaisir de voir cet imposant appareil chanter mieux qu’au 1er jour !

Article écrit par Nounours– Avril 2018.