WADIA 9 :
LE ROI

→ mise à jour le 19.12.2015

 

 

 

I-INTRODUCTION.

 

WADIA, est probablement la marque la plus emblématique des années 90: en effet, qui ne se souvient pas de la totale stupéfaction que leur Wadia 2000 avait créée sur la planète audio ?

La musicalité de cet appareil était tellement au dessus de tout ce qui existait à l’époque que ces appareils étaient considérés comme des « phénomènes »…

 

WADIA a été fondée en 1988 et est une des premières compagnies à s’être spécialisée dans le digital avec pour objectif premier, d’atteindre musicalité inégalée pour l’époque.

Et cela dura de longues années et aujourd’hui encore, car WADIA fait toujours partie des 2 ou 3 meilleurs spécialistes mondiaux de la reproduction digitale.

 

WADIA fut fondée par un team d’ingénieurs provenant de Saint-Paul Minesotta 3M (Minessota Mining & Manufacturing) qui ont travaillé en recherche digitale pour le secteur des  télécommunications.

 


Ces ingénieurs ont été attirés par le développement du Compact Disc, et… ils ont surtout été déçus par l’absence de plaisir musical qui était LE défaut des premiers lecteurs de CD !!.

Même si l’on écarte les tous premiers lecteurs qui étaient musicalement moins agréables qu’un bon autoradio, ce malaise a tellement duré qu’il a fini par être à l’origine de la renaissance du vinyle il y a peu !

 

Le concepteur de génie à l’origine des électroniques WADIA se nomme Don Wadia MOSES.

 

Ce monsieur a certainement crée les plus beaux produits digitaux au monde. Il est hélas mort le 29 novembre 2008.

Et comme souvent pour les marques audio que leur concepteur a fait rentrer dans la légende, la disparition de celui-ci entraîne la disparition de l’âme des produits de la marque…

L’âme des WADIA a disparu, même si les Wadia restent parmi les tous meilleurs au monde …

 

Ci-dessous dans son laboratoire:

 

Le premier convertisseur, le Wadia 2000, a fait l’effet d’une bombe dans le domaine du convertisseur Digital Analogique : 30 ans plus tard, il appartient toujours à la crème des DACs. Le WADIA 2000 a été le premier vrai convertisseur externe, et il a créé l’existence du convertisseur en tant que maillon à part entière d’une chaîne HiFi, au même titre qu’un préampli ou qu’un ampli : la DAC en tant que maillon est né avec le WADIA 2000.

 

Le WADIA 2000 a aussi été le premier DAC à coûter aussi cher, l’équivalent de 25.000€ actuels, ce qui à l’époque paraissait une pure folie que personne ou presque ne pourrait se payer. Seulement voilà, il était aussi le seul à ce niveau qualitatif, une véritable humiliation pour tous les autres DAC de la planète…

 

Il faut comprendre que la conception des Wadia est différente de la quasi totalité des autres DACs à quelques exceptions près qui se comptent sur les doigts d’une seule main….

Elle utilise, en amont des convertisseurs, des processeurs de traitement du signal appelés DSP,  pour mettre le signal en forme puis le diriger vers les puces de conversion proprement dites.

Cette technique particulière permet d’avoir des fronts montants et descendants quasiment parfaits, une absence de jitter, et donc au final une reproduction sonore au summum de sa qualité parce que les puces de conversion reçoivent un signal digital parfait. 

 

Le point faible de tous les autres DACs (à l’exception de ceux utilisant le même principe de calculateur en amont des puces de conversion) ne vient pas des puces de conversion, mais vient du fait que le receiver d’entrée n’est pas parfait et envoie au puces de conversion un signal digital avec un taux d’erreur (ou de jitter) beaucoup trop grand.

Dès lors, même si les puces de conversion sont parfaites, elles transformeront “parfaitement” un signal digital imparfait et par conséquent délivreront un son imparfait.

 

Cela s’explique scientifiquement, se constate de visu à l’oscilloscope, sans avoir besoin de théories « fumeuses » aussi obscures qu’impossibles à vérifier.

 

Wadia reconsidérait la fonction de transfert, en travaillant sur une optimisation temporelle et non plus fréquentielle, avec un algorithme embarqué:
“La technologie Wadia c’est d’avoir repensé le filtre numérique, algorithme simplifié, calculs réalisés par des DSP (DSP16A de chez AT&T pour les nommer). Le signal est très suréchantillonné (64x ou plus) mais le calcul se fait avec un nombre très réduit d’échantillons. 4 échantillons pour le Wadia, 30 échantillons sur les système Philips (SAA7220), 153 pour les Burr Brown haut de gamme (DF1704)”.

 

Le logiciel DIGIMASTER de la marque, dérivé de la marine, permet de générer un lissé parfait.

 

WADIA a également introduit la fibre optique à connecteur ST ATT comme lien unique entre le drive et le DAC : n’espérez pas utiliser un câble à connecteur RCA ou BNC, toutes les entrées sont sur connecteurs optiques ST.

Evidemment l’abominable connecteur optique Toslink n’a pas cours sur le Wadia 9…

 

Comme toujours sur les appareils haut de gamme, l’alimentation comporte trois liaisons, 2 pour l’analogique (canal gauche et canal droit) et une troisième pour la partie digitale.

 

Voici le Wadia 2000, Face avant:

 

Face arrière:

 

Zoom avant:

 

Les Evolutions du Wadia 2000 au cours du temps:

 

 

 

II-DAC WADIA 9.

 

Ce modèle ci est assez ancien : il date de 1992 et comporte une partie pré-amplificatrice avec volume numérique et des puces de conversion  16 bits. Il s’agit des désormais célèbre PCM63-K x 8 20 bits.donc 4 puces de chaque côté !.

A noter que le suffixe “K” identifie les versions les plus triées de la puce.

 

La conception tout autant que la qualité de fabrication sont extraordinaires et introuvables de nos jours: le chassis par exemple est en aluminium massif usiné dans la masse….

Son poids est très élevé, tout comme le serait son prix de revient de nos jours…

 

L’alimentation hébergée dans un chassis dédié délivre trois alimentations séparées à destination du chassis hébergeant le DAC, et utilise des fiches spéciales de type LEMO. (2 pour le double mono DAC et un pour l’analogique comme indiqué plus haut).

 

Vous remarquerez que le Wadia 9 est presque similaire en conception au Wadia 2000, à savoir deux chassis et une connectique presque identique.
 

 
Face avant avec son alimentation:
 
 
 
 
 
 
 
Face arrière:
 
 

 

La télécommande (qui gère aussi les Wadia 7 et 10) est elle aussi, imposante et lourde et… usinée dans la masse !

ceci est devenu un pur fantasme de nos jours…

 
 
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III-CONFIGURATION D’ECOUTE.

 

Comme toujours, le protocole d’écoute reste inchangé. avec la même configuration que nous utilisons depuis fort longtemps afin que vous ayez une base durable de comparaison entre les différents DAC testés sur Threshold Lovers.


Le DAC a été inséré dans le système de référence 2.

 

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IV-ECOUTE.
 
 
 
 

Il ne faut pas beaucoup de temps pour s’apercevoir que le WADIA 9, n’est pas un DAC comme les autres.

J’entends par « pas comme les autres », qu’il n’attaque pas directement les convertisseurs comme le font tous les autres DACs, sauf exception rarissime de type THETA ou dCS.

 

Vous trouverez ci-après une photo de l’intérieur de la partie DAC vous montrant le « secret des grands DAC » dont le WADIA fait partie avec les déjà cités dCS Vivaldi et MSB, à savoir l’étage de filtrage numérique confié à des puces de traitement du signal (DSP) et utilisant un logiciel spécifique.

 

Sur la photo ci-dessous vous voyez clairement que ces puces de traitement du signal travaille entre l’entrée optique qui arrive depuis la carte optique et les entrées des 2 cartes de conversion gauche et droite:

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Et pour vous faire plaisir, nous vous montrons aussi ci-dessous la carte des entrées optiques, au nombre de 3 et toutes au format ST (le meilleur qualitativement et de loin) dans son intégralité:

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Mais : regardez attentivement, vous ne remarquez rien ? cherchez encore au centre de l’image  : vous ne remarquez toujours rien ?

 

Il y a pourtant un circuit qui devrait vous faire sursauter, c’est l’abominable filtre numérique CS-8412 ! si vous êtes un fidèle lecteur, vous savez que chaque fois que nous vous avons parlé, nous vous avons dit que c’était une horreur musicalement parlant …

 

il est en partie responsable du manque de musicalité de la totalité des premiers lecteurs CD que tous les audiophiles ont vite repéré lors de la sortie des premiers CD.

 

Et il est pourtant bien à l’intérieur du WADIA 9 : nous serions nous trompés ?

Bien sûr que non, et voici l’explication.

 

WADIA savait parfaitement que le CS-8412 est un composant de très mauvaise qualité musicale, seulement voilà, à cette époque il était le seul disponible !

Le CS-8414, meilleur que le CS-8412 n’était pas encore sorti, et de toute façon ne peut remplacer la puissance de traitement de 3 DSP…

 

Mais c’est aussi parce que WADIA savait que les composants disponibles étaient en majeure partie responsables de la piètre qualité des DACs, qu’il a développé son propre filtre numérique à base de puces DSP.

 

Ce calculateur WADIA a pour objectif unique de faire parfaitement le travail que le CS-8412 est totalement incapable de faire: alimenter les puces de conversion avec un signal numérique parfait !

 

Le son est dense, précis, rapide comme l’éclair.

Enfin un grave puissant, présent, qui change complètement le spectre général par sa variété et sa justesse. Il pousse tellement fort (la tension de sortie est probablement élevée) qu’il faut avoir des enceintes capables d’encaisser beaucoup de puissance, et qui ne distordent pas dans l’aigu, avec bien entendu des sections pré-amplificatrices et amplificatrices à la hauteur de cet appareil totalement exceptionnel.

Notre recommandation ira vers des enceintes ayant un aigu soyeux, qui seront d’après nous les plus à mêmes d’assurer la meilleure cohérence sonore de l’ensemble du système d’écoute.

 

Les CD s’enchainent et on découvre un plaisir d’écoute totalement inégalé par rapport aux « concurrents ».

 

Non, ce DAC n’est pas pareil que les autres DACs !

 

Il les dépasse de la tête et des épaules, aux quelques exceptions citées plus haut et qui partagent toutes un point commun : la présence d’un filtrage numérique utilisant des DSPs en amont des puces de conversion.

 

D’ailleurs où sont-ils les concurrents, 30 ans plus tard ?


D’accord un dCS Vivaldi est lui aussi totalement exceptionnel, mais c’est un appareil hors de prix comme le sont les MSB haut de gamme. Fait-il mieux que le Wadia 9 ?

Non.

Vaut-il son prix ?

Oui. Et reconnaissons que son tarif correspond à ce que vaudrait un WADIA 9 neuf de nos jours… Il n’y a pas de miracle en ce domaine : la solution du filtrage numérique à base de DSPs est de loin la meilleure, elle délivre des résultats inégalables, mais elle a un prix.


L’écouter c’est l’adopter sans réserve. Une aubaine dans ce monde audio actuel si orienté marketing et apparences.


A quoi sert un DAC 32 bits actuel versus ce vieux 20 bits ? Strictement à rien pour l’écoute de CDs !

 

L’intérêt est purement financier et marketing au bénéfice du fabricant : avoir des convertisseurs modernes permettant d’indiquer « 32 bits » ou encore avec port USB pour lire des fichiers (DSD ou autres) tels que les majors les créent actuellement, est vendeur, mais surtout revient bien moins cher à fabriquer qu’un vrai DAC avec filtrage numérique à base de DSPs. Il s’agit avant tout « de faire moderne » en réduisant drastiquement les coûts de fabrication et de R&D.


Et la musicalité dans tout ça ? le son des DACs modernes utilisant des puces de conversion 32 bits mais sans filtrage à base de DSPs, est généralement bon, mais sans comparaison avec l’exceptionnelle musicalité du WADIA 9 ou d’un dCS Vivaldi. Ils sont tous très loin derrière.


Le WADIA 9 valait 30K€ à l’époque soit le prix d’une voiture, ou également le prix d’un dCS Vivaldi actuel, mais 30 ans plus tard il est toujours dans la course et fait toujours partie du cercle très fermé des tous meilleurs DACs du monde !;

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V CONCLUSION

 


C’est un DAC hors norme, ancien certes, mais construit comme un tank et offrant une musicalité intemporelle.

C’est un choc et un coup de cœur : il a un côté magique, permanent, et il excelle sur des CD complexes.


Il défie tous les autres DAC du marché pour la lecture des CDs, présents ou futurs, à de très rares exceptions près que l’on comptera sur les doigts d’une main. Il faut aller chercher des dCS Vivaldi pour tenir la comparaison…


Une référence absolue et le meilleur DAC que j’ai écouté en 30 ans d’audio.


Mr Don Wadia Moses, merci d’avoir réalisé ce chef d’œuvre !

 

Points positifs:

 

  • époustouflant en termes de performances musicales
  • grave magique
  • rapidité démoniaque
  • expression de la musique au summum de ce que l’on peut espérer
  • mérite plus que 5 étoiles (cela n’existe pas sur Threshold Lovers mais il nous a donné envie de créer un logo 6 étoiles spécialement pour lui….)

 

 

Points négatifs:

 

  • la plupart des exemplaires disponibles ont absolument besoin d’un changement de condensateurs chimiques: sans cela, il est quasi certain que le Wadia 9 ne fonctionnera pas à son meilleur niveau
  • lourd, mais cette qualité de fabrication influe positivement sur la restitution finale
  • chauffe excessive sur celui de prêt : cela a été corrigé depuis, il s’agissait de condensateurs à changer. Signalons que c’est une opération peu coûteuse à réaliser mais recommandée, pour tout dire obligatoire.
  • les 3 entrées sont uniquement sur fibre optique ST, mais c’est devenu plus courant aujourd’hui. Ceci contribue aussi à la qualité finale de restitution.
  • mérite une fibre de compétition type SAEC, mais délivre des résultats diaboliquement excellents sans cela.
  • ancien et quasi introuvable en occasion :ceux qui en ont ne les vendent évidemment pas…

 

 

 

 
Article écrit par Florent et Nounours – Juillet 2015.